Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 14:17


1844  1924


Anatole France, considéré en son temps comme l'un des plus grands écrivains vivants, est aujourd'hui  peu lu, voire oublié.

La relative indifférence de la postérité pour les oeuvres d' Anatole France a eu notamment pour origine la haine que lui vouèrent les surréalistes. A la mort de l' écrivain, ceux-ci publièrent  "Un Cadavre", pamphlet excessif dans lequel ils vitupèrent A. France, l' accusant de médiocrité el de << servilité >>. Manière quelque peu injuste de régler son compte à  l' écrivain << officiel >> de la III ème  République.

Une carrière littéraire

Anatole France, de son vrai nom Anatole François Thibault, naît à Paris le 16 Avril 1844. De son père libraire, il hérite la passion des livres, le goût de l'érudition et de la fréquentation des hommes d'esprit. Malgré des études médiocres, qui lui laisseront http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/13/Anatole_FranceA.jpgle dégoût d'un système éducatif trop rigide, France commence une carrière littéraire qui le mènera au pinacle de la gloire et en fera l'un des écrivains les plus en vue de son temps, voire un véritable <<maître à penser >>. Membre du comité du Parnasse contemporain, puis bibliothécaire du Sénat, il épouse en 1877 Marie-Valérie Guérin de Sauville, dont il aura une fille et dont il divorcera en 1893. En 1881, il publie "Le Crime de Sylvestre Bonnard", histoire d'un honnête érudit qui, décidé à vendre tous ses manuscrits pour doter sa pupille, en  "subtilise" quelques-uns, trop chers à son coeur. C'est la première étape d'un succès qui durera jusqu' à la fin de sa vie, grâce aux qualités du penseur et du romancier, mais aussi grâce au charme de l'homme du monde.

La gloire de l'écrivain installé

En 1885, l'écrivain se lance dans une féconde activité de critique littéraire, pour des joumaux tels que Le Temps ou Le Globe ; Marcel Proust, qui l'admire à ses débuts, s'inspire en partie de lui pour le personnage de Bergotte, dans "A la  recherche du temps perdu". Sensible à l'admiration du jeune Proust, France préfacera son premier livre "Les Plaisirs et les jours". Il devient un pilier de la société parisienhttp://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/20/Caillavet%2C_L%C3%A9ontine_de.jpgne, un personnage officiel de la III ème République, il rencontre Mme Arman de Caillavet, dont il anime le salon et avec qui il aura une longue liaison. Écrivain reconnu et installé, il est élu à l' Académie française en 1896. Après la mort de Mme de Caillavet, il se remarie avec Emma Laprévotte. Sa brillante trajectoire littéraire culmine avec l'attribution du Prix Nobel en 1921, qui consacre la renommée intemationale de l'écrivain. En 1924, à l'occasion de son quatre vingtième anniversaire, de nombreux pays rendent hommage à Anatole France. Celui-ci meurt six mois plus tard.

Le romancier humaniste

Après une première tentative infructueuse dans le domaine de la poésie - en tant que critique, il refusera notamment Verlaine et Mallarmé au Parnasse contemporain, refus qu'il regrettera par la suite- France,se réclamant d'un " naturalisme romantique", aborde le roman avec bonheur : les souvenirs d'enfance (Le Livre de mon ami, 1885), les aventures sentimentales (Le Lys rouge, 1894), la satire des moeuo provinciales (L'Histoire contemporaine, 1897-1901), le roman "social" (Crainquebille, 1902), le conte philosophique (L'lle des Pingouins, 1908), le roman historique, enfin, (Les Dieux ont soif, 1912), récit de la vie quotidienne sous la Terreur, considéré comme son chef-d'oeuvre. Ses ouvrages connaissent un très grand succès auprès du public. Héritier d'un scepticisme à la Montaigne, de l'esprit critique et de l'ironie du Siècle des Lumières, France s'efforce de porter un regard lucide - sur lui-même d'abord, puis sur le monde - et s'attache à dénoncer, avec le regard mi-désabusé mi-débonnaire du sage humaniste, la folie et la sottise de ses contemporains.

L'esthète et l'intellectuel

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f8/FranceGodsAthirst.jpg/280px-FranceGodsAthirst.jpgToutefois, chez lui, la réflexion critique n'efface pas une certaine nonchalance sensuelle. Son ton est volontiers celui de la causerie, de la flânerie ; ses romans laissent percer son amour de la vie et sa profonde pitié pour les hommes. Penseur, Anatole France met le doigt sur toutes les formes d'injustice, d'intolérance et de dogmatisme, sans toutefois remettre en cause radicalement l'ordre social qui le nourrit. Tout en affirmant certains engagements idéologiques - son anticléricalisme, son positivisme teinté de romantisme, son pacifisme - il ne se départit pas d'une certaine douceur de ton, tempérée par son exigence du beau style et son amour des classiques.

L'engagement à gauche

Néanmoins, dans la deuxième moitié de sa vie, il s'engage de plus en plus nettement à gauche. C'est ainsi que, aux côtés de Zola, il défend Dreyfus, et qu'il manifeste ouvertement son opposition à la guerre (<<on croit mourir pour la Patrie on meurt pour des industriels >>,dira-t-il), ainsi que sa sympathie à l'égard de la révolution russe et des idées socialistes. Ces prises de position ne sont pas le fruit d'une croyance dogmatique, mais d'un amour de l'harmonie, d'une volonté raisonnable de lutter pour la justice sociale. Critiqué à droite pour ses préoccupations sociales, à gauche pour son dilettantisme, Anatole France aura.surtout été un <<intellectuel >> esthète, épris d'indépendance, de sagesse et de beauté.

Notes :

Parmi les critiques susceptibles d'expliquer l'oubli dans lequel Anatole France est tombé, on peut retenir celle de Gide, qui reprochait à ses écrits de ne pas posséder, malgré leur belle langue, ce <<tremblement>> qui fait les grandes oeuvres littéraires.

<<Ecrivain classique, socialiste en dentelles, esprit voltairien, Anatole France a été non seulement, comme il l'écrit d'un de ses personnages, "la coqueluche des femmes", mais également d'un large public de son temps. Depuis lors, la gloire du Prix Nobel s'est quelque peu fanée. Son engagement apparaît de surface, son style trop artiste. >>

-C. de Trooz, <<Anatole France >>

<<Son pessimisme général à l'égard de  l'espèce humaine ne l'empêche pas de marquer plus précisément les  responsabilités. Il ne le conduit pas non plus à une indifférence égoïste ou à un repliement douillet dans le domaine de l'art.
Cette tentation - celle même du néant existe certes, mais contrebalancée par le désir d' apprendre aux hommes la lucidité, de dénoncer les erreurs, et même de s'engager dans l'action militante. Le pessimisme, chez lui, peut hausser les épaules et sourire, s'indigner ou se décourager, il ne se résigne pas. France ne manque pas (...) d'être combatif, de lutter pour une société moins absurde.>>

-Émilien Carassus, préface de La Vie enfleur, Gallimard, 1983

 

 

Par Cathou
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 14:18



En 1889, Anatole France écrivit un premier jet de ce roman sous le titre "La Terre des morts". La version définitive du "Lys rouge"  parut en feuilleton dans la Revue de Paris d' avril à juin 1894 avant d' être éditée, en juillet, par Calmann- Levy. Dix-sept écrivains interrogés par le Figaro littéraire en 1956, sur les douze plus grands romans d' amour parus entre 1871 et 1939, citent  " Le Lys rouge".


http://cot.priceminister.com/photo/845072376_L.jpgUne femme du monde, Thérèse Martin, lassée de son amant Robert, part pour l'Italie ; elle y noue une nouvelle intrigue ; très vite, la passion naît...

Florence, la ville dont I'emblème est un Iys rouge

Une jeune femme riche et belle, Thérèse, fille d'un financier parvenu, Montessuy, s'est laissé marier sans amour par son père au député-comte Martin. Le couple est disloqué. Thérèse vit une liaison sans histoire avec l'aimable Robert Le Ménil ; dépitée d'apprendre par un tiers le départ de ce dernier pour une chasse au renard, Thérèse accepte l'invitation à Florence de son amie, la poétesse anglaise, Vivian Bell ; elle s'y rend en compagnie de l'honorable Mme Marrnet et d'un poète anarchiste et vieillissant, Choulette. A Fiesole, Thérèse rencontre le sculpteur Jacques Dechartre, entrevu à Paris ; c'est le coup de foudre. Se devinant supplanté, Le Ménil fait une brève apparition en Italie et supplie, en vain, sa maîtresse de renouer. L'aventure secrète de Jacques et de Thérèse se poursuit à Paris jusqu'au jour fatal où, à I'Opéra, Le Ménil éperdu, jette à Thérèse, indifférente, "qu'il l'attendra, tous les jours à partir de trois heures, chez nous, rue Spontini". C'en est trop pour Dechartre qui a tout entendu ; fou d'une jalousie injustifiée, il rompt brutalement avec Thérèse ; celle ci est brisée...

Un roman à cIés

La publication, en 1984, des "Lettres intimes"  d' Anatole France et de Mme Arman-Caillavet ne laissent planer aucun doute sur la transcription littéraire de certains des épisodes de leur vie intime. Leurs amours, contrariées du fait de leurs mariages respectifs, marquées par la sensualité et les crises de jalousie, transparaissent à travers les relations difficiles de Dechartre et de Thérèse. Dechartre, jaloux du passé de Thérèse, c'est le double de l'auteur inquiet des aventures antérieures de Léontine. Quand paraît  "Le Lys rouge"  en 1894, le fort de la passion est mort, et France est connu comme l'amant officiel de Mme Arman-Caillavet qui tient alors un des salons les plus recherchés de la capitale. Le poète Choulette fut inspiré par Verlaine que France fréquenta à la fin de sa vie. Léontine incita France à immortaliser le récit de leurs amours ; ils parlaient souvent entre eux du "Roman".

"Le Lys rouge"  est donc  la transposition, à peine déguisée, de la liaison passionnée et tourmentée nouée, en 1888, entre Anatole France et Léontine Arman-Caillavet, héritière et femme du monde.

Extraits :

Rendez-vous galant

Dans la petite chambre sombre, muette, étouffée de rideaux, de portières, de coussins, de peaux d'ours et de tapis d' Orient, les épées, aux lueurs du feu ranimé, étincelaient sur la cretonne des murs, parmi les cartons de tir et les  oripeaux flétris des cotillons de trois hivers. Le chiffonnier de bois de rose était surmonté d' une coupe en argent, prix décerné par quelque société de sport. Sur les plaques de porcelaine peinte du guéridon, un cornet de cristal où  couraient des volubilis de cuivre doré portait des branches de lilas blanc .. et partout des lumières palpitaient dans l'ombre chaude. Thérèse et Robert, les yeux accoutumés à l' obscurité se mouvaient aisément parmi les  objets familiers.

                    ***

Le scepticisme de Jacques Dechartre

A l' angle de la rue courte qui descend sur le quai, entre deux rangées de jardinets, Mme Martin ralentit le pas.
 "C' est vrai qu' à Venise, dit-elle, les femmes sont jolies.
 - Elles sont presque toutes jolies, madame. Je parle des filles du peuple, des cigarières, des petites ouvrières des verreries. Les autres sont comme partout.
 - Les autres, vous voulez dire les femmes du monde .. et vous ne les aimez pas, celles-là ?
- Les femmes du monde ? O ! Il y en a de charmantes. Quant à les aimer, c'est toute une affaire.


                   ***


La fatalité de la jalousie masculine

- (...) La jalousie n' est pour la femme que la blessure de l' amour-propre. Chez l' homme, c' est une torture profonde comme la souffrance morale, continue comme la souffrance physique... (...) Oui je suis jaloux. Je sais bien ce qu'il y a dans ma jalousie. Quand je l' examine,  j' 'y trouve des préjugés héréditaires, un orgueil de sauvage, une sensibilité maladive, un mélange de violence bête et de faiblesse cruelle, une révolte imbécile et méchante contre les lois de la vie et du monde.

La leçon d'amour dans un parc

Quand elle reprit avec lui, dans la nuit,  le chemin du château, il  lui restait aux lèvres un goût de baisers et de menthe, et dans les yeux  l'image de son ami qui, debout au tronc d'un bouleau, semblait un faune, tandis que, soulevée dans ses bras, les mains nouées à  la nuque, elle se mourait de volupté. Elle sourit sous les tilleuls aux nymphes qui avaient vu les  larmes de son enfance. (...) Au dernier détour de la muraille de buis, Thérèse et Jacques découvrirent la triple masse noire du château, et par les grandes baies du rez-de-chaussée, ils devinaient, dans la rouge lumière, des formes qui se mouvaient. La cloche sonnait.

- Calmann-Lévy  1928



Notes

"Qu' on se rappelle le reproche longtemps adressé au voluptueux  Lys rouge. Exercice littéraire, disait-on. Et les lettres de M. France et de Mme Arman s'entrouvr' ant, on y découvre que "ce roman mondain" exécuté sur commande est une véritable autobiographie passionnelle. "

- Pierre Josserand, Les Écrivains célèbres, éditions Mazenod, 1966

" Le manuscrit du "l'ys rouge" de la Bibliothèque nationale montre bien avec quel soin et parfois quelle peine Anatole France écrivit  "Le Roman"... Le travail du style est très sensible. . France a effacé certaines brusque ries, certaines allusions qui pouvaient paraître grossières... Quelquefois aussi, des symétries trop évidentes disparaissent.
Cela est fort sensible dans les deux promenades que Thérèse fait, I'une avec Le Ménil, I'autre avec Dechartre :   le manuscrit les rapprochait explicitement. (...) Et, comme les scènes, les objets y sont surcodés. Plaçons  au premier plan de ceux-ci  le lys rouge qui foumit finalement le titre de l' oeuvre, symbole de Florence surabondamment expliqué, d'abord comme signe de bonheur, puis comme signe de cruauté, quand Miss Bell  l'aperçoit transformé en bijou au corsage de Thérèse : celle-ci s'y blesse la main au retour de l'Opéra. "

- Marie-Claire Blancquart, notice du Lys rouge, La Pléiade, Gallimard 1987

Par Cathou
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 15:08


1850  1894


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/38/Rls-pc1.jpg/250px-Rls-pc1.jpg
L' auteur de "L' lle au trésor" et de "Dr Jekyll et Mr Hyde" mena une vie d' errance, due à la maladie et à une  "manie ambulante" sur laquelle il prit sa revanche en écrivant des romans d'aventures pleins d'entrain et de jeunesse.


Certains critiques considèrent que le chef-d' oeuvre de Stevenson est "Le Barrage d'Hermiston", un roman inachevé publié deux ans après la mort de son auteur. On y trouve, parfaitement maîtrisés et approfondis, les thèmes qui lui sont chers : ceux de la poursuite, qui conduit inexorablement à un dénouement dramatique entre le chasseur et sa proie, du mal et de la prédestination.



Les germes de la révolte


Fils unique d'un ingénieur, Robert Louis Balfour Stevenson   voit le jour a Édimbourg, le 13 Novembre  1850. Confié a une femme du  peuple, il grandit en écoutant des légendes écossaises et des récits religieux qui, ajoutés à son goût pour la campagne, contribuent à former sa sensibilité littéraire. Atteint de tuberstevenson0001.jpgculose, il séjourne avec sa mère sur la Côte d' Azur et dans l'île de Wight, ce qui renforce sa passion des voyages. Écolier irrégulier, il cherche toujours l'évasion et la trouve dans les romans de Scott et de Dumas.Très tôt, il entre en conflit avec son milieu en s'élevant contre la rigueur du presbytérianisme ambiant.
Dérogeant à la tradition, il devient agnostique. Toutefois, fidèle à la coutume familiale, pour un temps du moins, il entre à l'école d'ingénieurs d' Anstruthen, où il fait des études brillantes, obtenant un diplôme pour un travail très remarqué sur l'éclairage domestique. Mais sa santé lui interdisant toute vie professionnelle, il s'oriente vers une vie de bohème. Une aventure romanesque avec une fille des Highlands lui vaut d'être envoyé dans le Suffolk. Là, il fait la connaissance d'un critique influent, qui deviendra son ami et son éditeur et qui l'introduit dans les milieu littéraire.

Le temps des voyages et des publications

Le jeune homme n'en entreprend pas moins des études de droit, s'inscrit au barreau en 1875, sans pourtant jamais exercer. Il délaissera peu à peu cette première carrière au profit de ce qu'il sent être sa véritable http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/0d/Fanny_Osbourne_1.jpg/225px-Fanny_Osbourne_1.jpgvoie, la littérature : un premier article, "Appel au clergé de l'Église d'Écosse" (1875), est publié dans le Cornhill Magazine. Cependant, sa santé, mais aussi sa curiosité toujours en éveil, l'obligent à vagabonder. Il verra successivement les Hébrides, le pays de Galles, l' Allemagne et la France. La découverte de Montaigne, de Hugo, de Balzac et de Villon n'est pas sans influencer une esthétique qui porte par ailleurs la marque des écrivains anglais contemporains. A la jonction du voyage et de l'écriture, on trouve un premier livre, "Un Voyage sur le continent" (1878), inspiré par la descente en canoë de la Sambre et de l'Oise, puis un second, "Voyage avec un âne dans les Cévennes" (1879). S'intercalant dans cette suite d'allées et venues, il y a la rencontre déterminante, en 1876 avec celle qui sera sa femme, Fanny Osborne. Première artiste américaine à avoir été admise parmi les peintres de Barbizon, elle partage avec Stevenson le même rejet des contraintes sociales et la même passion pour Paris. Fanny divorce de son mari en 1878 et Stevenson, malgré la précarité de sa santé, la rejoint aux États- Unis au terme d'un voyage éprouvant qu'il rapporte dans "The Amateur Emigrant". En 1880, leur union est rendue publique.

Le temps des récits d'aventures

Malgré la menace toujours présente de la phtisie, Stevenson connaît des années de gloire. Courant toujours, sous l'oeil attentif de Fanny, d'un lieu à l'autre - Suisse, Provence, Hyères -, pour combattre son mal, il consacre le reste de son temps à écrire des récits destinés à son jeune beau-fils, Lloyd Osbome, et qui feront de lui le romancier de l'enfance. De cette période naissent les "Nouvelles Mille et Une Nuits" (1882), le "Jardin de poèmes pour enfants" (1885) et surtout "L' Ile au trésor" (1883), son premier http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Treasure_Island-Scribner%27s-1911.jpg/280px-Treasure_Island-Scribner%27s-1911.jpggrand triomphe. Il s'installe alors sur les bords de la Méditerranée, non loin de Hyères, et coule les jours les plus heureux de sa vie, sa maladie lui accordant quelque répit et le succès de son livre renforçant encore son bonheur. Avec Stevenson, le roman d'aventures se double d'une quête symbolique et acquiert ses lettres de noblesse. Qu'il s'agisse de "Kidnappé" (1886) et de sa suite, "Catriona" (1893), ou des récits précédents, toujours on remarque le thème de la poursuite et de la confrontation tragique entre le chasseur et sa proie. Dans un tout autre registre, mais toujours avec le même succès, "Dr Jekyll et Mr Hyde" (1886) pose le problème du dédoublement de personnalité. Malgré l'aspect plaisant de ses histoires, c'est le thème du Mal qui hante Stevenson.

Le refuge des îles

Malgré sa maladie, Stevenson compose coûte que coûte, alité ou non. Loin d'abandonner ses déplacements, il s' embarque pour une croisière en Océanie, à la mort de son père, en 1887. C'est l'occasion de découvrir les Marquises, Tahiti, les Samoa occidentales, où il finit par mettre pied. Il s'installe dans l'île d'Opolu et y fait construire sa maison de Vailima. Loin de l' Angleterre victorienne, Tusitala -  "le conteur d'histoires" comme l' ont sumommé les indigènes - retrouve auprès de ceux-ci cette enfance qu'il a tant célébrée dans ses ouvrages et dont "La Plage de Falesa" (1892) porte la trace. Mais ses dernières oeuvres témoignent aussi de son attachement à l'Écosse : "Le Maître de Ballantrae" (1889) en offre un exemple. Dernières oeuvres souvent inachevées : "Le Barrage d'Hermiston" et  "Dans les Mers du sud", mais où son génie éclate encore. La maladie finira par avoir raison de lui. C'est à la suite d'une congestion cérébrale qu'il s'éteint le 3 décembre 1894. Chez lui, le romancier aura bien souvent fait de l' ombre au poète et à l' essayiste. Selon son voeu, il fut enterré par les indigènes au sommet du pic Vaea, d'où sa tombe domine le Pacifique.

Notes

Le choix impossible entre deux patries

"La vérité est que, tout en reconnaissant l'évidente impossibilité, Robert Louis désire être à la fois en Angleterre - car c'est un peu d'elle qu'il est venu chercher à Sydney - et aux Samoa, pour ce que ces deux contrées aux antipodes l'une de l'autre représentent en valeur synthétique."

-Bernard Gorsky, Trois Tombes au soleil, Albin Michel, Paris, 1976

Le choix de l'écriture

<<Et puis Robert Louis va bientôt se mettre à écrire. Au cours d'un repas de famille, il fait la connais sance d'un homme de lettres. (...) Il s'agit d'un certain Robert Ballantyne, romancier populaire alors au sommet de la gloire, un grand homme à la barbe noire. (...) Or, quelle est l'arme favorite de ce géant à la barbe noire ? L'écriture. Écrire et raconter des histoires ! Mais raconter des histoires, Louis ne fait que cela, jour et nuit ! Suffit-il donc de prendre une plume pour devenir un héros ?
Qu'à cela ne tienne ! Robert Louis trempe la sienne dans l'encrier. Il entreprend tout d'abord une traduction d'Ovide en octosyllabes écossais. Puis, à l'âge de treize ans, il fonde une revue de collège, The Schoolboy' s Magazine. >>

- Rodolphe Jacquette, Tusitala, la vie aventureuse de R. L. Stevenson, Seghers, Paris, 1980

Par Cathou
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 13:48


1854   1900


Poète, romancier, auteur dramatique, Oscar Wilde connut tous les triomphes avant de subir l'infamie d'un procès et la condamnation à la prison. C'est l'une des figures les plus controversées de la littérature anglaise.

Robert Merle, auteur d' une thèse sur Oscar Wilde, donne dans la préface de sa biographie parue en 1948 et révisée en 1984 quelques précisions  : "Queensberry, qui nourrissait une haine démente contre les homosexuels n' avait guère de chance avec ses fils. Son cadet, lord Alfred Douglas, était le mignon de Wilde et son aîné, Drumlanrig, le secrétaire plus que particulier du Premier Ministre, lord Roseberry".

<<Les dieux m'avaient presque tout donné>>

Né à Dublin le 16 Ocobre  1854, d'une famille d'origine hollandaise émigrée en lrlande au XVII ème siècle, Oscar http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9c/Oscar_Wilde_portrait.jpg/220px-Oscar_Wilde_portrait.jpgWilde fut marqué par la personnalité de sa mère, militante nationaliste et intellectuelle raffinée, qui lui donna le goût de la poésie. Son père, médecin anobli par la reine Victoria, vit sa fin assombrie par de fâcheuses opérations financières qui contraignirent ses fils à gagner leur vie. Oscar gardera toujours la nostalgie des <<jours dorés >> passés à I'université d'Oxford, où il fut fortement influencé par les théories sur I'esthétisme de Ruskin, alors professeur d'histoire de I'art et expert incontesté. Oscar, beau jeune homme brillamment doué, devient le centre d'un cercle d'étudiants fascinés par sa conversation, ses extravagances vestimentaires et son dandysme. Après des voyages en ltalie et en Grèce, Wilde s'installe à Londres, où son charme et ses talents de causeur lui ouvrent les portes de la haute société ; il puisera dans ce monde factice le décor et les personnages de ses pièces de théâtre. Ses débuts dans le journalisme et ses premiers poèmes recueillent moins d'écho que ses mots d'esprit colportés de salon en salon. En débarquant aux États-Unis, où il va prononcer des conférences, il déclare à la douane : <<Je n'ai rien à déclarer sauf mon génie >> ; lors d'un séjour à Paris, les milieux  littéraires l' accueillent  avec curiosité : il rencontre Gide, Mallarmé.  A 30 ans, Wilde épouse la discrète Constance Lloyd dont il aura deux fils. Il vit désormais de sa plume et publie nouvelles, poèmes et contes. En 1891, année fertile, paraissent  "Une Maison de grenades",  "Le Crime de lord Arthur Saville", "lntentions"  et "Le Portrait de Dorian Gray".

<<Je traitais I'art comme la suprême réalité et la vie comme un simple mode de fiction>>

Son essai  "lntentions",  plaidoirie pour la liberté absolue de l' artiste dont le seul engagement réside dans la défense et l' illustration de la beauté, heurte de front la prude société victorienne ; les critiques fustigent également I'amoralisme du "Portrait de Dorian Gray",* considéré aujourd'hui comme un chef-d' oeuvre. Ce conte fantastique (le plus traduit des livres de Wilde) met en scène un héros qui garde miraculeusement sa jeunesse tandis que son portrait seul accuse le vieillissement des traits et la trace des vices de son modèle. Aux attaques dont il est I'objet, le romancier rétorque : "Le puritanisme n'est jamais aussi nuisible que quand iI s'occupe des questons d'art."  Cinq ans plus tard, lors de son procès, Wilde récidive devant ses juges : "il n'existe pas de livre moral ou immoraI. Les livres sont bien écrits ou mal écrits. Voilà tout." . Il va sans dire qu'iI situe ses oeuvres dans la première catégorie.

*
www.republique-des-lettres.fr/642-oscar-wilde.php


"Tartuffe a émigré en Angleterre et y a ouvert boutique"

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8e/Homosexualitywilde.jpg/200px-Homosexualitywilde.jpgA 40 ans, Wilde, dont les goûts en faveur de son propre sexe sont définitivement ancrés, rencontre son mauvais génie en la personne de lord Alfred Douglas,  (ci contre) séduisant rejeton d'une iIIustre famille. Ses relations orageuses avec l'éphèbe défraient la chronique, tandis que ses comédies sont jouées à bureaux fermés. L' Angleterre salue la naissance d'un nouvel auteur dramatique avec "L'Éventail de Lady Windermere" (1892), " Une Femme sans importance" (1893), "Un Mari idéal" 1894), "De l' importance d' être constant" (1895) : intrigues et personnages conventionnels sont sauvés par un dialogue étincelant où abondent des aphorismes passés à l' état de proverbes :  "L' expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs" , "Le bonheur d'un homme marié dépend des femmes qu'iI n'a pas épousées"...
 Le marquis de Queensberry, père de lord Douglas, décidé à arracher son fils à I'influence de I'écrivain, lui adresse un mot I'accusant de sodomie. Bien mal inspiré, Wilde le poursuit en diffamation et, ce faisant, met le doigt dans I'engrenage qui va le broyer. Trois procès s'ensuivent qui passionnent et scandalisent la cour et la viIle. Les appuis dont jouissait I'aristocrate auprès de I'establishment et les pressions indignes qu' iI exerce sur la justice eurent raison du poète. Déshonoré, déchu de ses droits paternels, ruiné, Wilde est condamné à deux ans de travaux forcés.

" Un lieu où règne la douleur est terre sainte"


L' enfant de la renommée découvre à Reading, avec le régime féroce des prisons anglaises, I'humilité et la
vertu régénératrice de la souffrance. Il écrit à son amant une lettre déchirante où iI déplore leur "fatale amitié". "De profundis", dernière oeuvre en prose, ne paraîtra in extenso qu'en 1960. C'est un homme brisé qui recouvre la liberté en 1897. Fuyant l' Angleterre où iI n'est plus rien, iI se réfugie en Normandie sous le nom de Sébastien Melmoth. Il y compose une oeuvre qui révèle encore son génie, "La Ballade de la geôle de Reading" *, dont le leitmotiv est   "Chacun de nous tue ce qu'il aime" Le temps d'un voyage en Italie, iI renoue avec lord Douglas, cherche en vain du crédit et boit pour abréger ses jours. Il meurt  d'une méningite, dans la misère à Paris, le 30 Novembre 1900.

*
www.larevuedesressources.org/spip.php?

Notes

<<Longtemps, le poète a été pour nous le Méphisto mauve et bouffi peint par Lautrec qui ricane du péché de Gide ; ainsi son nom reste le synonyme d'une inclination dont on ne pouvait parler dans un milieu bourgeois. Comme la société qui a condamné le poète est en train de disparaître, la signification tragique ou obscène de ce nom s' efface lentement. Ce procès qui a rendu "l' immentionnable mentionnable " [Max Beerbohm] a porté le premier coup au tabous victoriens ; après iI y a eu Freud et Lawrence.
Il reste alors de Wilde le souvenir d'un esprit cultivé et charmant, d'un comédien prodigieux, malheureusement tenté par la tragédie et, dans les pièces, l'écho d'une  conversation merveilleuse."

-Philippe Jullian, Oscar Wilde, Librairie Académique Perrin, 1967

"Toute la littérature traditionnelle de cette Angleterre spectacle et respectée, celle de Dickens, de Meredith, de Browning, de Tennyson, de Kipling, montrait une image conventionnelle de cette société en pleine évolution. Wilde se trouvait en déséquilibre dans ce milieu et c' est ce déséquilibre qui le fit condamner, mais qui lui permit de s'aventurer, le premier, dans ces régions  inabordées, où Freud allait pénétrer bien plus tard, comme le font remarquer Jacques Bergier ou Guy Le Clech' h. C'est ce déséquilibre créatif qui donne à son oeuvre cette profondeur, cet écho qui résonne encore aujourd'hui. Oui, plus que du génie, Wilde eut du talent."

 -Jacques de Langlade, Oscar Wilde écrivain français, Stock, 19
75

Par Cathou
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 15:04


1865  1936


L' existence fabuleuse d'un écrivain de génie et d'un aventurier hors pair.

Entre Londres et Bombay

Rudyard Kipling
est né le 30 décembre 1865 à Bombay, de parents anglais, à une époque où l'empire colonial de son pays était à son apogée. Après avoir passé sa petite enfance aux Indes, il retourne en Angleterre en 1871 avec ses parents, qui ont décidé de lui donner une éducation typiquement britannique. Il  visite les grands http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/80/Rudyard_Kipling_from_John_Palmer.jpg/250px-Rudyard_Kipling_from_John_Palmer.jpgmusées du pays avec son père, qui est nommé directeur d'une école d'art et qui supervise la section d'art indien du pavillon anglais lors de  I' Exposition universelle de Paris. Kipling fait ses premières armes dans la littérature à l'âge de quinze ans, en composant un recueil de poésies, que sa mère publie à son insu en 1881 sous le titre "Schoolboy Lyrics".  Toute la famille reprend le chemin des Indes en 1882 pour se rendre à Bombay, puis à Lahore, où Kipling commence une carrière de journaliste en participant à la rédaction de la "Civil & Military Gazette"  puis du" Pioneer & Pionier Mail". Malgré la rupture de ses fiançailles avec Florence Garrard, une jeune anglaise rencontrée aux Indes, Kipling trouve la force d'écrire à Simla  (
capitale de l'Himachal Pradesh, au nord de l' Inde) son premier roman en 1885, "Mother Maturin", texte aujourd'hui perdu. A cette date, Kipling a déjà décidé qu'il sera écrivain.

Vers la gloire littéraire

Dès lors, Kipling se consacre presque exclusivement à la littérature : en décembre 1885, i! publie "Quartette", texte auquel a participé toute sa famille. Devenu franc-maçon l'année suivante, i! rédige en 1887un recueil de nouvelles dont le succès sera retentissant : "Simples Contes des collines". Il collabore au célèbre  " Week's News"  et continue d'explorer le nord des Indes, qui l'attire tout particulièrement. En 1888, son nouveau recueil de nouvelles lui assure une notoriété internationale : "Trois Troupiers", "Histoire des Gadsby", "En blanc et noir" et "Sous les Déodars" sont considérés comme des chefs-d'oeuvre de prose en langue anglaise. En 1889, Kipling rentre à Londres, où il est attendu avec impatience, en passant par de prestigieux détours : il visite tour à tour Lahore, Calcutta, Singapour, Hong-Kong, le Japon et les États-Unis, où il fait une longue escale. On le retrouve de nouveau à Londres en 1890, année qui restera pour lui celle <<du miracle >> : dans toute l'Angleterre, il est fêté comme un génie national, il est reçu à la cour royale, il est acclamé aux États-Unis. Un grand écrivain est né.


Le temps des voyages et des chefs-d'oeuvre



Mais Kipling n'est pas un sédentaire épris de confort. Il  part en Italie avant la fin de I'année et regagne l' Afrique du Sud, l' Australie et la Nouvelle-Zélande en 1891. Après avoir  publié "Le Handicap de la vie", il épouse, en http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/22/Ralph%2C_Landon%2C_Gwynne_and_Kipling_1900-1901.jpg/300px-Ralph%2C_Landon%2C_Gwynne_and_Kipling_1900-1901.jpg1892, à Londres, Caroline Balestier, dont il aura deux filles et un fils, et ses ouvrages se succèdent à un rythme frénétique : ce sont "Naulahka" et "Ballades de la chambrée"  en 1892, puis "Tours et détours", et le célèbre "Livre de la jungle"  en 1893 et 1894.
En 1895, constatant le succès de ce dernier ouvrage, il en écrit une suite, destinée aux enfants. Puis il publie "Les Sept Mers" en 1896 et  "Capitaines courageux"  en 1897, ainsi que "La Tâche quotidienne"  en 1898 et "Le Fardeau de l'homme blanc", texte mondialement connu dans lequel il célèbre la cause impériale. Après une courte interruption d'un an, durant laquelle Kipling voyage en Afrique du Sud, il va reprendre ses publications : il rédige"Kim", "Histoires comme ça pour les petits enfants", "Les Cinq Nations", "Les Périples et découvertes" et enfin "Puck de Pook's hill" de 1901 à 1906. L'engouement que suscitent ses oeuvres lui valent le prix Nobel de littérature en 1907. On salue en lui un maître des lettres britanniques ; le roi d' Angleterre le considère comme un de ses amis intimes, et il devient docteur honoris causa de nombreuses universités européennes.



Les années de vieillesse et I'héritage de Kipling

Cette gloire n'empêche pas Kipling de créer de nouveaux personnages, d'imaginer de nouvelles intrigues, de http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f5/JunglebookCover.jpg/250px-JunglebookCover.jpgdécrire de nouvelles atmosphères : il publie "Retour de Puck" en 1910, "Gens de toute sorte" en 1917, " Les Années intermédiaires"  en 1919. Il poursuit sa vie itinérante, de l'Égypte au Brésil. En 1926,il écrit "Débits et crédits", puis, de 1928 à 1933, "Paroles en volume", "Ton Chien et fidèle serviteur", "Limites et renouvellements" et "Souvenirs de France". De retour à Londres, il s'éteint paisiblement à l'âge de 72 ans, le 18 janvier 1936.

L'oeuvre immense et bariolée de Kipling n'est pas une oeuvre figée dans une seule idée politique : en effet, le nationalisme parfois violent du jeune Kipling ainsi que sa défense de I'impérialisme se sont considérablement atténués durant ses années de vieillesse ; Kipling, notamment dans ses "Lettres de voyages" (1920) et ses "Contes de terre et de mer" (1923), a pris conscience des mutations décisives qui allaient marquer le XX ème  siècle. Son inspiration s'est considérablement élargie et son ton s'est adouci. Aussi cette oeuvre immense reste-t-elle un témoignage inestimable d'une époque glorieuse mais révolue.

En 1899, la famille de Kipling fut prise dans une violente tempête alors qu' elle traversait l' océan : la fille de l' écrivain mourut dans ses bras à l' âge de sept ans.

Malgré de nombreux séjours aux États- Unis. en Australie ou en Afrique du Sud, les lndes restèrent pour Kipling son pays de prédilection. Le Livre de la jungle a été recréé en dessin animé par Walt Disney.

Notes :

"Il est bien peu d'écrivains anglais des cent dernières années dont l' oeuvre soit devenue aussi familière au public de langue française que celle de Rudyard  Kipling. A défaut d'évoquer tel ou tel livre - souvent  "Simples Contes des collines", "La Lumière qui s' éteint", "Le Livre de la jungle" ou "Kim"  - Ie nom de Kipling est associé à une image de l' Angleterre et de son empire que la Seconde Guerre mondiale et ses séquelles ont relégué dans un passé immuable".

- P. Coustillas, introduction aux oeuvres de Kipling, Gallimard, 1988

"Kipling n'est pas seulement I'artiste, le grand écrivain que nous rangeons à côté de ses pairs dans la littérature universelle. Ses compatriotes voient en lui un apôtre, le prophète de leur loi ; ils le placent à part, pour ainsi dire hors de la littérature, bien moins dans I'histoire des lettres anglaises que dans I'histoire du peuple anglais. Pour eux, ce n'est pas son art mais son message et son action qui comptent. Il a lancé dans son pays des idées qui ont agi comme des forces, et ces idées, il les a exprimées bien plus directement dans sa poésie que dans ses nouvelles." 

-A. Chevrillon, R. Kipling, Plon, 1936

"Il s'honora de I' amitié de trois souverains anglais. (...) Or son oeuvre ne laisse qu' à peine entrevoir cette puissante situation mondaine".

-F.Léaud, Poétique de R. Kipling, Didier, 1952

Par Cathou
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