1883 1924
Angoissé par la dérision de son oeuvre elle-même, à laquelle iI avait pourtant sacrifié sa vie, Kafka enjoignit à son ami Max Brod de détruire tous ses papiers posthumes.
C' est à la désobéissance de celui-ci que l' on doit d' avoir eu accès à l' oeuvre de Kafka.
Une jeunesse inquiète
Franz Kafka naît à Prague le 3 juillet 1883. Son père, Hermann Kafka, issu d'une famille juive modeste, dut
travailler beaucoup pour réussir. C'est chose faite lorsqu'en
1881 il ouvre une boutique de mode. En réaction inconsciente contre l'autoritarisme et l'âpreté de son père, le jeune Franz s'identifie aux employés tchèques, insultés et rudoyés. Franz, comme
ses trois soeurs cadettes, reçoit une éducation allemande, et rédigera son oeuvre en allemand. A cet enseignement se joignent les traditions familliales juives, et enfin l'héritage tchèque, si
pressant à Prague. Ses premiers
écrits datent de 1897 : il exprime alors sa solitude angoissée au sein de sa famille, insensible à
ses préoccupations artistiques ; ce dont il s' ouvre un temps à Oscar Pollak, son camarade de lycée. Il commence à voyager un peu, après avoir été promu bachelier en 1901. Il fait la connaissance
en 1902 de l'écrivain Max Brod, qui deviendra son ami et étudie successivement la chimie, le droit, l'histoire de l' art. En 1905 et 1906, sa santé fragile l' oblige à ses premiers séjours en
sanatorium. Il devient cependant docteur en droit le 18 juin 1906 pour plaire à son père et travaille comme agent d'assurances jusqu'en 1922. Cet univers comptable oppressant et la presque
absurdité de son travail, réclamant tout son temps au détriment de son désir d'écrire, hantent sa production littéraire. Il voyage entre 1910 et 1911 avec Max Brod, à Paris, à Zurich, à
Milan.
Franz Kafka à l'âge de cinq ans, vers 1888
Félicie Bauer
Kafka rencontre en 1912 une jeune fille, Félicie Bauer, chez les parents de son ami Max Brod. D'une franche
insignifiance, elle est cependant joyeuse et stable ; c'est sans doute ce qui fascine Franz par opposition à ses propres troubles, tant physiques que psychiques. Mais il rompt deux fois ses
fiançailles, en 1914 et en 1917. Kafka choisit douloureusement de refuser le réconfort d'un mariage trop sûr; il récuse ce quiétisme bourgeois pour s'enfermer au contraire dans
le sacerdoce où l'appelle sa vocation d'écrivain. Son enthousiasme à la lecture de Kierkegaard confirme sa résolution ; en effet, le philosophe danois avait, lui aussi, fini par
se défaire de sa
fiancée Régine Olsen, bien qu'il l'aimât. Franz rompt en 1919 une troisième tentative de fiançailles, cette fois avec une jeune Tchèque, Julie Wohruzek.
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Les comptes du père
Kafka rédige alors sa "Lettre au père", sorte d'autopsie poignante dans laquelle il analyse les difficultés de ses rapport avec son père.
Celui-ci ne recevra jamais ce texte d'une centaine de pages. Kafka n'y peut éviter son penchant pour la justification, il <<s'explique >> ; c'est à nouveau le thème
de la culpabilité, d'autant plus oppressante qu'incompréhensible, car apparemment immotivée. Cette quête vaine d'une approbation ultime du père qui viendrait apaiser l'angoisse du fils-écrivain
traverse l' oeuvre de Kafka.
Statue en bronze à l'effigie de Kafka située devant la Synagogue Espagnole de
Prague
L'irruption de Milena
En séjour à Merano, Franz entame une correspondance avec Milena Jesenká-Pollak, une jeune Tchèque désireuse de traduire de l'allemand certains de ses écrits. Elle s'éprend bientôt passionnément
de lui, et pense même quitter son époux, l'écrivain Ernest Pollak. Kafka vient à Vienne la voir, puis à Prague, mais s'inquiète bientôt de son impétuosité. De leur
liaison sans lendemain naîtront ces "Lettres à Milena", enflammées souvent, dans lesquelles Kafka exprime son désarroi devant la tentation de l'amour.
Triomphe de la tuberculose
Il croit avoir enfin trouvé le bonheur avec Dora Dymant. Il s'installe à Berlin en 1923 avec cette jeune fille juive, contre la volonté de ses parents. Mais sa santé faiblit ; et son oncle
Lowy fait de son état un diagnostic très pessimiste. Installé près de Vienne à la clinique de Kierling, il demande au père de Dora la main de sa fille. Celui-ci refuse, et la jeune fille assiste
son amant dans ses derniers instants, le 3 juin 1924.
Une oeuvre énigmatique
L' oeuvre de Kafka doit sa popularité à la multiplicité des interprétations qu' elle suscite. En fait, les symboles récurrents n'ont jamais un sens précis et fixe. Le terme même
de <<symbole>> est-il légitime, dans la mesure où Kafka ne fait jamais d'eux les clefs, les codes d'un message univoque, mais plutôt les signes, les marques de
l'absurde au quotidien, de l'incompréhension ? Finalement, cette bureaucratie oppressive du "Procès", ces directives immotivées du "Château" ce sentiment
d'exclusion dans "La Métamorphose" signifient, non
l'administration totalitaire, ni l'impossible accès à la transcendance, ni la solitude irréductible de la
personne humaine, ou alors tout cela à la fois. Ces signes, ultimement, ne disent rien sinon leur propre opacité. D' où le sentiment de l'absurde et du <<mystère>> de la
réalité.
Couverture de la première édition (1916) de La Métamorphose
Notes :
L'envoûtement du roman repose sur une donnée arbitraire : tout homme dit "normal" et qui se trouverait dans la situation de Joseph K, ferait à pied les quatre kilomètres qui le séparent du
château, essaierait de forcer ou d'escalader la grille, et irait demander des explications... Or, cela, Joseph K. ne le fait jamais ; il n'y pense même pas... L'univers absurde de
Kafka est fondé sur une multiplication de la réalité : une réaction "normale" est ôtée à ses personnages. K. et Joseph K. ressemblent à tous les autres hommes,
sauf sur un point, où ils ne réagissent pas comme eux : comme ces animaux de laboratoire à qui un biologiste a fait quelque encéphalotomie qui leur retire un réflexe... Un homme impuissant dans
un univers absurde, telle est la situation phénomé-nologique, et, en un autre sens, le mythe qui définissent l'atmosphère du roman kafkaïen.
- R. M. Albérès, Métamorphoses du roman, Albin Michel, 1978
<<Tous les écrivains pragois de.cette époque, y compris Rilke et Werfel, ont eu à surmonter à la fois la corruption et l'indigence de leur langue. Il est significatif que, pour y
parvenir, Rilke et Werfel, précisément, ont dû chercher ailleurs, l'un à Paris, l'autre à Vienne, la force de rompre le maléfice de Prague. Ce maléfice, Franz
Kafka l'a vécu presque jusqu' au bout, si violemment qu'il ait été tenté de le fuir à certaines époques de sa vie ; la nature de son inspiration, les exigences de son but,
l'empêchaient de compenser par une richesse empruntée les insuffisances de son patrimoine linguistique. >>
- Marthe Robert, introduction du Journal de Kafka, Grasset, 1955

Pseudonyme de Henri Fournier, romancier français né le 3 octobre
1886 à La Chapelle d'Angillon dans le cher, aux confins du Berry et de la Sologne. Ses parents sont instituteurs à Epineuil le Fleuriel. Au lycée Lakanal près de Paris, il se lie d'amitié,
avec son condisciple Jacques Rivière, avec lequel il entretint, de 1905 à 1914 une "Correspondance" qui apporte un intéressant témoignage sur la sensibilité littéraire au début
du siècle.
En écrivant "Le Grand Meaulnes", Alain-Fournier
retrouve son enfance. Pour lui, cet âge est le seul qui mérite d' être décrit : n'est ce pas à ce moment de la vie que l' on s' émerveille de tout, que les choses, les gens et les situations
prennent une dimension plus grande que dans la réalité ? Alain-Fournier ne s' attendrit pas devant un enfant, il se souvient, plus impressionné par la gravité de l' enfance que
par le sérieux des adultes.
appartiennent au passé
et l'on se gardera d'émettre un jugement sans appe! à ce propos.
du Cancer ? Mais il importe peu de savoir s'il a couché avec autant de femmes qu'il nous laisse l'entendre. Toute sa vie, l'auteur des célèbres Sexus, Plexus
et Nexus* essaya d'écrire des romans, mais vainement.


















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