Partager l'article ! Fin XVIII ème et XIX ème / Stendhal / La Chartreuse de Parme: L'épopée napoléonienne est rapidement devenue un mythe. Ogre ...
Le jeune Fabrice del Dongo, allant d' aventures en imprudences est jeté en prison. Il s'y éprend de la belle Clélia. Il mourra seul, retiré à la chartreuse de Parme.
"La Chartreuse de Parme" (novembre - décembre 1838) fut écrite avec une rapidité étonnante : sept semaines suffirent à Stendhal pour rédiger ce roman.
"La Chartreuse de Parme" est le dernier grand roman de Stendhal ; l'auteur a alors cinquante-quatre ans. Il continuera d' annoter l' ouvrage jusqu' à sa
mort. Cependant La Chartreuse est un véritable " hymne à la vie" - Pierre Martino
De Waterloo...
Le jeune Fabrice del Dongo, né d'une noble
famille milanaise embrasse la cause napoléonienne et se joint aux troupes de l'Empereur à Waterloo. Il arrive trop tard et doit son retour en Italie et sa liberté aux bons soins de sa
tante. Celle-ci devient l'étoile de la petite cour de Parme : aimée du prince, maîtresse du premier ministre, le comte Mosca, elle est la femme du vieux Sanseverina. La duchesse protège le jeune
Fabrice : ses études finies, il devient Monsignore, répondant ainsi à l'ambition de sa tante. Mais Fabrice mène une vie tumultueuse : il s'est épris d'une actrice de Milan, Marietta. Provoqué par
son rival, il se bat en duel et le tue.
... à la chartreuse de Parme
Malgré l'entremise de sa tante, Fabrice est condamné à douze ans de forteresse par le prince de Parme. De sa cellule, Fabrice aperçoit la fille du gouvemeur de la forteresse,
Clélia, dont il s'éprend immédiatement. La jeune fille finit par répondre à son amour, et les deux amants communiquent par d'ingénieux stratagèmes. La Sanseverina aidée de
Clélia, organise l'évasion de Fabrice. Celui-ci a tôt fait de regretter sa cellule et se présente de lui-même à la forteresse ! Mais la duchesse obtient la libération de Fabrice, lequel échappe
de peu à une tentative d'empoisonnement ourdie par les ennemis de sa tante à la cour. Clélia, de son côté, prise de remords, accepte d'épouser le seigneur que son père lui a choisi pour mari. Les
mois passent. Fabrice est devenu célèbre pour ses prêches. A la foule toujours nombreuse qui vient l'écouter, Clélia se joint un jour et succombe de nouveau au charme de Fabrice. Celui-ci l'aime
toujours autant. Mais leur nouvelle liaison s'achève dans le drame : l'enfant de leur amour meurt, Clélia s'éteint aussi dans le remords. Fabrice se retire dans la chartreuse de Parme.
Si les intrigues de la cour de Parme valent par la vérité de l'analyse, qui évoque bien d'autres milieux politique..., le charme du roman et sa valeur résident surtout dans la douceur du
ton, dans l'indulgence amusée du romancier à la fin de sa vie envers sa créature, dont la vie aventureuse est une quête du bonheur.
Extraits :
Le huitième jour de la prison de Fabrice, elle eut un bien grand sujet de honte : elle regardait fixement, et absorbée dans ses tristes pensées, l'abat-jour qui cachait la fenêtre du prisonnier
, ce jour-là il n' avait encore donné aucun signe de présence ; tout à coup un petit morceau d' abat-jour, plus grand que la main, fut retiré par lui ; il la regarda d'un air gai, et elle
vit ses yeux qui la saluaient. Elle ne put soutenir cette épreuve inattendue, elle se retourna rapidement vers ses oiseaux et se mit à les soigner ; mais elle tremblait au point qu' elle versait
l' eau qu' elle leur distribuait, et Fabrice pouvait voir parfaitement son émotion ; elle ne put supporter cette situation, et prit le parti de se sauver en courant. Ce momentfut le plus beau de
la vie de Fabrice, sans aucune comparaison. Avec quels transports il eût refusé la liberté, si on la lui eût offerte en cet instant !
***
Un peu après que minuit et demi eût sonné, le signal de la petite lampe parut à la fenêtre de la volière. Fabrice était prêt à agir ; il fit un signe de croix, puis attacha à son lit la petite
corde destinée à lui faire descendre les trente-cinq pieds qui le séparaient de la plate-forme où était le palais. Il arriva sans encombre sur le toit du corps de garde occupé depuis la veille
par les deux cents hommes de renfort dont nous avons parlé. Par malheur, les soldats, à minuit trois quarts qu' il était alors, n' étaient pas encore endormis ; pendant qu' il marchait à
pas de loup sur le toit de grosses tuiles creuses, Fabrice les entendait qui disaient que le diable était sur le toit, et qu' il fallait essayer de le tuer d' un coup defusil. Quelques voix
prétendaient que ce souhait était d' une grande impiété, d' autres disaient que si l' on tirait un coup de fusil sans tuer quelque chose, le gouverneur les mettrait tous en prison pour avoir
alarmé la garnison inutilement. Toute cette belle discussion faisait que Fabrice se hâtait le plus possible en marchant sur le toit et qu' il faisait beaucoup de bruit. Le fait est qu' au moment
où, pendu à sa corde, il passa devant les fenêtres, par bonheur à quatre ou cinq pieds de distance à cause de l'avance du toit, elles étaient hérissées de baïonnettes. Quelques-uns ont prétendu
que Fabrice, toujours fou, eut l'idée de jouer le rôle du diable, et qu'il jeta à ces soldats une poignée de sequins. Ce qui est sûr c' est qu' il avait semé des sequins sur le plancher de sa
chambre, et il en sema aussi sur la plateforme dans son trajet de la tour Farnèse au parapet, afin de se donner une chance de distraire les soldats qui auraient pu se mettre à le poursuivre.
Notes :
"C'est le livre de la cinquantaine de Stendhal.Il enferme toutes ses expériences, les anciennes et récentes. La mort s'annonçait prochaine, et il voulait passionnément ressaisir tout son
passé, le paysage moral et intellectuel, les choses qu'il avait le plus aimées, les spectacles et les paysages préférés, ses grandes émotions, les rêves qu'il avait réalisés et ceux, nombreux,
qui avaient dû mourir étouffés, ou même qui n'étaient pas parvenus jusqu'à la claire conscience. Richesse fébrile de la vision, hâte fiévreuse à la saisir." -
Pierre Martino
"La Chartreuse de Parme" est une oeuvre surtout remarquable par sa tonalité, son atmosphère, bref, par des éléments qui n'apparaissent pas formellement ; nous appellerons
philosophie cette séduction de l'oeuvre, poésie que l'on retrouve à tous les niveaux (...) et qui, - par sa chaleur - et en dépit de sa banalité est frémissante d'une mystérieuse vibration
(l'émotion même du romancier ?) ; cette poésie se retrouve encore dans l'évocation sobre et la suggestion des paysages, dans l'aspect <<temps retrouvé>> de certaines émotions, dans
les thèmes privilégiés qui alimentent une rêverie profonde et sérieuse (rêverie constante depuis l'enfance) et qui n'ont jamais été aussi parfaitement réunis et orchestrés que par La
Chartreuse de Parme."
Jean Mourot
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Sophocle





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