Mercredi 28 octobre 2009
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Frontispice de la première édition annoté de la main de l'auteur
qui y précise « que penseriez-vous de supprimer le mot poêsies ?
Quant à moi, cela me choque beaucoup. »
**************
L'idée d'un recueil de ses poèmes apparut en 1845 et connut donc une
maturation de douze ans avant de se réaliser. Baudelaire annonça d' abord son projet dans différentes publications périodiques sous le titre provocateur des "Lesbiennes" ; il envisagea
ensuite de confier l' édition de son manuscrit à Michel Lévy sous le titre de "Limbes". Finalement. il s' entendit avec Poulet-Malassis qui édita alors le recueil sous le titre
définitif des "Fleurs du mal". Entretemps, Baudelaire avait composé de nouveaux poèmes et donné à son ouvrage une orientation plus radicalement pessimiste.
Si les 126 poèmes des "Fleurs du mal" (édition de 1861) ont été composés par Baudelaire à des époques différentes, ils ont été disposés dans le recueil selon un ordre très
concerté. L'artiste écrivait à Vigny en lui envoyant l'édition de 1861 : " Le seul éloge que je sollicite pour ce livre est qu'on reconnaisse qu'il n'est pas un pur album et qu'il a
un commencement et une fin ".
Dès 1857, lors de son procès, Baudelaire avait répété qu'il fallait juger son oeuvre dans son ensemble, être attentif à sa conclusion. Or, la composition des "Fleurs du
mal" trace un itinéraire. L'artiste met en lumière le drame ou la tragédie de l'homme assoiffé d'infini.
Publié en 1857 et remanié en 1861, le recueil des "Fleurs du Mal" compte dans la seconde édition 129 poèmes.
" Dans ce livre atroce, disait Baudelaire, j'ai mis toute ma pensée, tout mon coeur, toute ma religion toute ma haine" . A la différence des Romantiques, il affectera, il est vrai de
voir dans son recueil un livre de poésie pure (Projet de Préface, 1859-1860). Pourtant, ce qui lui donne son unité, c'est la confession sincère que l'auteur nous fait de son mal, de ses espérances,
de ses défaillances, de sa déchéance. S'opposant aux poètes illustres qui ont choisi "les provinces les plus fleuries du domaine poétique", il se propose "d'extraire la beauté du
Mal".
A travers sa propre expérience, le poète a voulu retracer la tragédie de l'être humain, souvent dissimulée sous une fausse pudeur : "Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère
!" C'est la tragédie de "l'homme double", créature déchue et objet d'un perpétuel conflit entre le Ciel et l'Enfer : " Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations
simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation vers Dieu ou spiritualité est un désir de monter en grade, celle de Satan ou animalité est une joie de descendre". C'est ce perpéluel
conflit qui, en dépit d'un apparent désordre, explique la composition secrète du recueil. A des ensembles où paraissent triompher les aspirations vers "l'idéal" succèdent d'autres ensembles
qui évoquent de lamentables chutes, sources du mal moral que le poète appelle le Spleen : cette alternance sans cesse renouvelée traduit la dualité de l'âme soumise à la double
postulation.
Dans la première partie intitulée Spleen et Idéal, voulant guérir son âme de l'Ennui qui règne ici-bas, Baudelaire s'adresse à la Poésie*, puis à l'Amour**, autant de
remèdes impuissants à dissiper définitivement le Spleen***, dont la tyrannie finit par écraser l'âme vaincue. Sans se décourager, le poète se tourne vers d 'autres moyens
d'évasion ****: le spectacle de la ville et la communion avec ses semblables, les "paradis artificiels" *****; le vice . Toutes ces tentatives sont vaines : alors, par une réaction
désespérée, le poète vaincu s'abandonne à la mystique noire : "0 Satan, prends pitié de ma longue misère ! ". Et quand enfin toutes les possibilités terrestres ont été épuisées, Baudelaire
se tourne vers le dernier remède, le grand "Voyage" vers un autre monde, "Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau****** .
POEMES :
* Les Phares - Elévation - L'Abatros - Hymne à la Beauté
** Parfum exotique (Jeanne Duval) - L'aube spirituelle et Harmonie du soir (Mme Sabatier)
*** Chants d'Automne - Quand le ciel bas et lourd - J'ai plus de souvenirs...
**** Tableaux Parisiens : Les Aveugles - A une passante - Le Cygne
***** Le Vin
****** La Mort des Pauvres
Du bonheur à l'ennui
Le recueil présente une composition en différentes sections qui permettait de relier a posteriori des pièces écrites à diverses époques et d'inspiration différente, l'effet dominant étant un
éloignement progressif du bonheur et une descente dans l'univers désespéré de l'angoisse et de l'ennui. La première section, Spleen et ldéal, de loin la plus importante (quatre-vingt-cinq
poèmes), évoque au début la malédiction de la condition de poète et la difficulté pour ce dernier d'accéder au bonheur, soit en se consacrant à la perfection de l'art qui se dérobe, soit en
airnant des femmes souvent perverses et toujours décevantes. La fuite du temps l'obsède : il rêve d'évasions exotiques, de luxe alangui. La nostalgie, le remords, le regret envahissent son
inspiration, et bientõt l' horrible ennui l'investit entièrement. Baudelaire décrit alors de façon saisissante l'emprise victorieuse d'un mal fait de désespoir, d'angoisses, de cauchemars
symboliques, qu'il baptise le "spleen". Les autres sections, Tableaux parisiens, Le Vin, Fleurs du mal, Révolte et La Mort, accélèrent cette déchéance par de vaines tentatives
pour y échapper. Ni le spectacle de la ville, ni l'ivresse du vin, ni les comportements anormaux n'offrent d'échappatoires efficaces à sa souffrance. Seule la mort lui offrira peut-être une
ouverture "sur les cieux inconnus".
Une construction calculée
Bien que dédiée à Gautier, l'æuvre ne peut être tenue pour un exercice de style parnassien ; elle n'a pas davantage pour objet principal le morbide, le malsain et le décadent ; et, malgré ses
aspects spiritualistes, elle ne peut être complètement assimilée à une æuvre chrétienne qui décrirait la tentation satanique. En fait, mieux vaut se laisser charmer par la. variété des thèmes et
par la beauté toujours un peu mystérieuse de ces vers aux nombreuses harmoniques.
Extraits :
L'ALBATROS
Pour symboliser le poète, Baudelaire ne songe ni à l'aigle
royal des romantiques ni à la solitude orgueilleuse du condor, décrite par
Leconte de Lisle. Il choisit un symbole plus douloureux :
l'albatros représente la dualité de l'homme cloué au sol et
aspirant à l'infìni ; il représente surtout le poète, cet incompris, celui qui, dans le poème en prose intitulé L'Étranger, répond aux hommes surpris de voir qu'il n'aime rien ici-bas : "J'aime les nuages... l es nuages qui passent...là-bas, là-bas... les
merveilleux nuages !"
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu 'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule ,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher .
PARFUM
EXOTIQUE
Auprès de Jeanne DUVAL qui reprèsent l'attrait de la sensualité,
Baudelaire trouvait le charme de l'évasion exotique.
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d
'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ;
Une île paresse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'æil par sa franchise étonne .
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
CHANT D' AUTOMNE
Pour le poète miné par le Spleen, l'automne n 'a plus le charme
lamartinien des paysages en accord avec une douce mélancolie ; c'est déjà l'annonce de l'hiver, de la souffrance physique, et, par correspondance, des malaises d'une âme qui sent venir les grandes
crises.
Bienôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.
Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine , frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.
J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L'échafaud qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part...
Pour qui ? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
Notes :
Les trois femmes qui ont inspiré Baudelaire : Jeanne Duval, la mulâtresse peinte par Manet, qui lui inspirait ses rêveries exotiques ; Marie Daubrun, l'inspiratrice de L'
invitation au voyage ; la "présidente", Mme Sabatier, pour qui il brûla d'un amour idéalisé.
Outre la riche thématique qui mériterait de longues études, un des problèmes intéressants des Fleurs du mal est celui de la moralité en art. Si Baudelaire a longtemps hésité à
publier ce recueil, c'est non seulement parce qu'il voulait créer un "ensemble", mais parce qu'il craignait de n'être pas compris. D'une part, il assure qu'il ressort de son livre "une
terrible moralité" inspirée par "l'horreur du mal". D'autre part, il pense qu'il faut absolument dissocier les notions d'art et de beauté de celles de morale et vertu : "Je sais que l'amant
passionné de beau style s'expose à la haine des multitudes ; mais aucun respect humain, aucune fausse pudeur, aucune coalition, aucun suffrage universel ne me contraindront à parler le
patois incomparable de ce siècle, ni à confondre l'encre avec la vertu."
Mais, par ailleurs, il y a chez lui un goût certain de la provocation : "Chaste comme le papier, sobre comme l'eau, porté à la dévotion comme une communiante, inoffensif comme une victime, il ne
me déplairait pas de passer pour un débauché, un ivrogne, un impie et un assassin."
II) Les Paradis artificiels
Délices du haschisch, consolation de I'opium : mais les paradis artificiels sont des pièges pour le créateur, qui y perd sa volonté.
Sous le titre général de Paradis artificiels (1860) ont été réunis trois textes de Baudelaire: << Du vin et du haschisch comparés comme moyens de multiplication de l' individualité
>>,<<Le poème du haschisch >> et <<Un mangeur d'opium >>.
La version philosophique des Fleurs du mal
En écrivant "Les Paradis artificiels", Baudelaire n'a pas simplement traité des excitants : alcool, haschisch, etc. il a certes cherché à décrire les effets psychiques provoqués par
les drogues, mais dans un domaine particulier : celui de la poésie. Car cet ouvrage, du moins selon certains critiques, serait en fait la version philosophique des Fleurs du mal. Du reste,
certains passages sont tout simplement la transcription en prose de poèmes figurant dans les Fleurs du mal (par exemple <<L' Âme du vin >> ou <<Le Vin des
chiffonniers >>). Il ne s'agit donc pas du livre d'un drogué qui s'adresse à des drogués, mais d'un homme et d'un poète qui, pour supporter la condition humaine, pour échapper au spleen, a
besoin de mettre entre lui et la réalité le filtre de l'ivresse.
Poésie, sensibilité et enfance
Dans <<Du vin et du haschisch >>, Baudelaire, dans un esprit très démocratique, donne la préférence au vin ; celui-ci, en effet, est un breuvage <<social et laborieux
>>, puisqu' il permet au travailleur d'oublier sans l'empêcher de travailler (l'alcool plutôt que la révolte, ce que Baudelaire n'a pas dit), alors que le haschisch détourne du travail
et rend l'individu asocial. le plus, l'alcool dissipe les soucis, tandis que le haschisch a plutôt tendance à les rendre plus aigus. Après avoir étudié les effets physiologiques et psychiques de
cette drogue élitiste, après en avoir vanté avec malice les délices hallucinatoires,Baudelaire en constate l'inutilité pour le créateur, puisqu'il <<est de la nature du haschisch de diminuer
la volonté et qu'ainsi il accorde d'un côté ce qu'il retire de l'autre>>. Quant à l'opium, qui avait déjà une longue tradition en littérature, il est d'abord un calmant, un analgésique, et
ensuite seulement un consolateur. Baudelaire traite ce thème à la lumière de l' ouvrage de Thomas De Quincey*, "Confessions d' un mangeur d'opium". Il mêle avec beaucoup
d'art les citations du texte original, ses propres analyses concernant les effets de l'opium et ses observations sur tout ce qui peut rendre dramatique la vie d'un toxicomane. L'opium, chez
De Quincey, joue le même rôle que la poésie chez Baudelaire. Ce sont des moyens d' évasion, mais pour mieux retrouver l' enfance, le temps perdu, l'innocence, un état de sensibilité
immaculée.
*Thomas De Quincey (1785-1859), auteur des Confessions d'un mangeur d'opiurn, dont Baudelaire s' est inspiré, était un écrivain anglais. Opiomane invétéré, il le resta toute sa vie.
Extraits :
A propos des <<vertus>> comparées du vin et du haschisch
Le vin exalte la volonté, le haschisch l' annihile. Le vin est support physique, le haschisch est une arme pour le suicide. Le vin rend bon et sociable. Le haschisch est isolant. L'un et laborieux
pour ainsi dire. l' autre essentiellement paresseux. A quoi bon, en effet, travailler, labourer, écrire, fabriquer quoi que ce soit, quand on peut emporter le paradis d'un seul coup ? Enfin le vin
est pour le peuple qui travaille et qui mérite d' en boire. Le haschisch appartient à la classe des joies solitaires ; il est fait pour les misérables oisifs. Le vin est utile, il produit des
résultats fructifiants. Le haschisch est inutile et dangereux.
***
En accédant au paradis artiticiel procuré par le haschisch, l'homme a voulu être Dieu...
Mais le lendemain ! le terrible lendemain ! tous les organes relâchés, fatigués, les nerfs détendus, les titillantes envies de pleurer, l' impossibilité de s' appliquer à un travail suivi, vous
enseignent cruellement que vous avez joué un jeu défendu. La hideuse nature, dépouillée de son illumination de la veille, ressemble aux mélancoliques débris d' une fête. La volonté surtout est
attaquée, de toutes les facultés la plus précieuse. On dit, et c' est presque vrai, que cette substance ne cause aucun mal physique, aucun mal grave, du moins. Mais peut-on affirmer du' un
homme incapable d'action, et propre seulement aux rêves, se porterait vraiment bien, quand même tous ses membres seraient en bon état ? Or, nous connaissons assez la nature humaine pour savoir qu'
un homme qui peut, avec une cuillerée de confiture, se procurer instantanément tous les biens du ciel et de la terre, n' en gagnera jamais la millième partie par le travail.
***
Les rêveries engendrées par l'opium ouvrent le monde de l'enfance (à propos des Confessions de De Quincey)
C' est dans les notes relatives à l' enfance que nous trouverons le germe des étranges rêveries de l'homme adulte, et, disons mieux, de son génie. (...) Tel petit chagrin, telle petite
jouissance de l' enfant, démesurément grossis par une exquise sensibilité deviennent plus tard, même à son insu, le principe d' une æuvre d' art. (...) Nous allons donc analyser rapidement les
principales impressions d' enfance du mangeur d' opium, afin de rendre plus intelligibles les rêveries qui, à Oxford, faisaient la pâture ordinaire de son cerveau. Le lecteur ne doit pas oublier
que c' est un vieillard qui raconte son enfance, un vieillard qui, rentrant dans son enfance, la raisonne toutefois avec subtilité, et qu' enfin cette enfance, principe des rêveries postérieures,
est revue et considérée à travers le milieu magique de cette rêverie, c' est-à-dire les épaisseurs transparentes de l' opium.
Notes :
Baudelaire a sans doute commencé à consommer du haschisch à l' époque de son voyage dans l'océan Indien (1841- 1842). Il aurait goûté
à la confiture verte pour la première fois chez un ami, chez qui il fit son autoportrait en pied, très démesuré, sous l'influence de la drogue. Il répéta ensuite l'expérience, mais sous contrôle
médica1. Le haschisch, introduit en France par les orienta1istes, était a1ors à la mode, une
mode renforcée par l'intérêt que les milieux médicaux portaient à cette drogue.
Baudelaire ne fut donc qu'un consommateur occasionnel de haschisch. En revanche, son expérience de l'opium fut plus longue. Il prit tout d'abord du laudanum comme calmant et analgésique (il
souffrait de douleurs intestina1es consécutives à une syphilis). Il se servit ensuite de l'opium comme euphorisant, pendant une dizaine d'années, mais finit par y renoncer, la drogue lui
ayant <<détraqué >> sérieusement
l' estomac.
<<Pour Baudelaire, il n'y a que le moment privilégié de l'ivresse, fût-il éphémère, qui lui permet de se détourner de la misère. Et c'est ce moment euphorique qui constitue l'état
poétique de l'existence terrestre. Or, ce qui est tragique, c'est que ce moment privilégié ne dure pas longtemps. (...) Et c'est
ainsi que Baudelaire, déçu de ses efforts gratuits, est conduit à la négation totale de l' existence terrestre. >>
T. Inoue, Une Poétique de l'ivresse chez Baudelaire, Éd. France Tosho 1977
Par Cathou
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