Partager l'article ! XIX ème / Robert Louis Stevenson: 1850 1894 L' auteur de "L' lle au trésor" et de "Dr Jekyll et Mr Hyde" mena une ...
1850 1894
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L' auteur de "L' lle au trésor" et de "Dr Jekyll et Mr Hyde" mena une vie d' errance, due à la maladie et à une "manie ambulante" sur laquelle il prit sa revanche en écrivant des romans
d'aventures pleins d'entrain et de jeunesse.
Certains critiques considèrent que le chef-d' oeuvre de Stevenson est "Le Barrage d'Hermiston", un roman inachevé publié deux ans après la mort de son auteur. On
y trouve, parfaitement maîtrisés et approfondis, les thèmes qui lui sont chers : ceux de la poursuite, qui conduit inexorablement à un dénouement dramatique entre le chasseur et sa proie, du mal
et de la prédestination.
Les germes de la révolte
Fils unique d'un ingénieur, Robert Louis Balfour Stevenson voit le jour a Édimbourg, le 13 Novembre 1850. Confié a une femme du peuple, il grandit en
écoutant des légendes écossaises et des récits religieux qui, ajoutés à son goût pour la campagne, contribuent à former sa sensibilité littéraire. Atteint de tuber
culose, il séjourne avec sa mère sur la Côte d' Azur
et dans l'île de Wight, ce qui renforce sa passion des voyages. Écolier irrégulier, il cherche toujours l'évasion et la trouve dans les romans de Scott et de
Dumas.Très tôt, il entre en conflit avec son milieu en s'élevant contre la rigueur du presbytérianisme ambiant.
Dérogeant à la tradition, il devient agnostique. Toutefois, fidèle à la coutume familiale, pour un temps du moins, il entre à l'école d'ingénieurs d' Anstruthen, où il fait des études brillantes,
obtenant un diplôme pour un travail très remarqué sur l'éclairage domestique. Mais sa santé lui interdisant toute vie professionnelle, il s'oriente vers une vie de bohème. Une aventure romanesque
avec une fille des Highlands lui vaut d'être envoyé dans le Suffolk. Là, il fait la connaissance d'un critique influent, qui deviendra son ami et son éditeur et qui l'introduit dans les milieu
littéraire.
Le temps des voyages et des publications
Le jeune homme n'en entreprend pas moins des études de droit, s'inscrit au barreau en 1875, sans pourtant jamais exercer. Il délaissera peu à peu cette première carrière au profit de ce qu'il
sent être sa véritable
voie, la littérature : un premier article, "Appel au
clergé de l'Église d'Écosse" (1875), est publié dans le Cornhill Magazine. Cependant, sa santé, mais aussi sa curiosité toujours en éveil, l'obligent à vagabonder. Il verra
successivement les Hébrides, le pays de Galles, l' Allemagne et la France. La découverte de Montaigne, de Hugo, de Balzac et de Villon n'est pas sans influencer une esthétique qui porte par
ailleurs la marque des écrivains anglais contemporains. A la jonction du voyage et de l'écriture, on trouve un premier livre, "Un Voyage sur le continent" (1878), inspiré par la
descente en canoë de la Sambre et de l'Oise, puis un second, "Voyage avec un âne dans les Cévennes" (1879). S'intercalant dans cette suite d'allées et venues, il y a la rencontre
déterminante, en 1876 avec celle qui sera sa femme, Fanny Osborne. Première artiste américaine à avoir été admise parmi les peintres de
Barbizon, elle partage avec Stevenson le même rejet des contraintes sociales et la même passion pour Paris. Fanny divorce de son mari en 1878 et Stevenson,
malgré la précarité de sa santé, la rejoint aux États- Unis au terme d'un voyage éprouvant qu'il rapporte dans "The Amateur Emigrant". En 1880, leur union est rendue
publique.
Le temps des récits d'aventures
Malgré la menace toujours présente de la phtisie, Stevenson connaît des années de gloire. Courant toujours, sous l'oeil attentif de Fanny, d'un lieu à l'autre - Suisse, Provence,
Hyères -, pour combattre son mal, il consacre le reste de son temps à écrire des récits destinés à son jeune beau-fils, Lloyd Osbome, et qui feront de lui le romancier de l'enfance. De cette
période naissent les "Nouvelles Mille et Une Nuits" (1882), le "Jardin de poèmes pour enfants" (1885) et surtout "L' Ile au trésor" (1883), son
premier
grand triomphe. Il s'installe
alors sur les bords de la Méditerranée, non loin de Hyères, et coule les jours les plus heureux de sa vie, sa maladie lui accordant quelque répit et le succès de son livre renforçant encore son
bonheur. Avec Stevenson, le roman d'aventures se double d'une quête symbolique et acquiert ses lettres de noblesse. Qu'il s'agisse de "Kidnappé" (1886) et de sa
suite, "Catriona" (1893), ou des récits précédents, toujours on remarque le thème de la poursuite et de la confrontation tragique entre le chasseur et sa proie. Dans un tout
autre registre, mais toujours avec le même succès, "Dr Jekyll et Mr Hyde" (1886) pose le problème du dédoublement de personnalité. Malgré l'aspect plaisant de ses histoires,
c'est le thème du Mal qui hante Stevenson.
Le refuge des îles
Malgré sa maladie, Stevenson compose coûte que coûte, alité ou non. Loin d'abandonner ses déplacements, il s' embarque pour une croisière en Océanie, à la mort de son père, en
1887. C'est l'occasion de découvrir les Marquises, Tahiti, les Samoa occidentales, où il finit par mettre pied. Il s'installe dans l'île d'Opolu et y fait construire sa maison de Vailima. Loin de
l' Angleterre victorienne, Tusitala - "le conteur d'histoires" comme l' ont sumommé les indigènes - retrouve auprès de ceux-ci cette enfance qu'il a tant célébrée dans ses ouvrages et dont
"La Plage de Falesa" (1892) porte la trace. Mais ses dernières oeuvres témoignent aussi de son attachement à l'Écosse : "Le Maître de Ballantrae" (1889) en offre
un exemple. Dernières oeuvres souvent inachevées : "Le Barrage d'Hermiston" et "Dans les Mers du sud", mais où son génie éclate encore. La maladie finira
par avoir raison de lui. C'est à la suite d'une congestion cérébrale qu'il s'éteint le 3 décembre 1894. Chez lui, le romancier aura bien souvent fait de l' ombre au poète et à l'
essayiste. Selon son voeu, il fut enterré par les indigènes au sommet du pic Vaea, d'où sa tombe domine le Pacifique.
Notes
Le choix impossible entre deux patries
"La vérité est que, tout en reconnaissant l'évidente impossibilité, Robert Louis désire être à la fois en Angleterre - car c'est un peu d'elle qu'il est venu chercher à Sydney - et aux Samoa,
pour ce que ces deux contrées aux antipodes l'une de l'autre représentent en valeur synthétique."
-Bernard Gorsky, Trois Tombes au soleil, Albin Michel, Paris, 1976
Le choix de l'écriture
<<Et puis Robert Louis va bientôt se mettre à écrire. Au cours d'un repas de famille, il fait la connais sance d'un homme de lettres. (...) Il s'agit d'un certain Robert Ballantyne,
romancier populaire alors au sommet de la gloire, un grand homme à la barbe noire. (...) Or, quelle est l'arme favorite de ce géant à la barbe noire ? L'écriture. Écrire et raconter des histoires
! Mais raconter des histoires, Louis ne fait que cela, jour et nuit ! Suffit-il donc de prendre une plume pour devenir un héros ?
Qu'à cela ne tienne ! Robert Louis trempe la sienne dans l'encrier. Il entreprend tout d'abord une traduction d'Ovide en octosyllabes écossais. Puis, à l'âge de treize ans, il fonde une revue
de collège, The Schoolboy' s Magazine. >>
- Rodolphe Jacquette, Tusitala, la vie aventureuse de R. L. Stevenson, Seghers, Paris, 1980


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