Partager l'article ! XIX ème / Emile Zola: 1840 - 1902 Le romancier des classes populaires et bourgeoises Zola reçut une solide formation rh ...
1840 - 1902
Le romancier des classes populaires et bourgeoises
Zola reçut une solide formation rhétorique durant ses années de lycée. Il lut avec avidité et s' éprit des romantiques. Entre douze et vingt ans il composa plusieurs milliers de vers.
Pendant ses deux années de "bohème" à Paris, son intérêt se tourna vers les classiques (Montaigne, Shakespeare...), mais aussi vers des
modernes (Michelet et Sand). C'est à cette époque qu'il se lia avec le peintre
Cézanne. Son entrée chez Hachette marque une rupture dans sa formation intellectuelle : Zola se familiarise alors avec des courants de pensée novateurs : ce sont
l'esprit d' encyclopédisme de la maison d' édition, le positivisme de Taine et enfin une atmosphère générale de libre pensée.
Du journalisme au roman
Emile Zola est né en le 2 Avril 1840. à Paris. Son père, émigré italien et constructeur imaginatif, est un homme à l'esprit d'entreprise jamais découragé. Peut- être les
personnages les plus entreprenants de l'oeuvre du romancier, comme Eugène Rougon et surtout Octave Mouret, lui sont-ils redevables. Les études d' Émile Zola furent brèves : il
n'a pas fréquenté l' Université, ayant été refusé au baccalauréat. Mais son éducation littéraire, déjà bien amorcée lors de ses années de lycée, aura l'occasion de se parfaire au cours de ses
deux années de " bohème" à Paris : elles lui laisseront tout le loisir de lire, jusqu' à son entrée chez l'éditeur Hachette. Commence ensuite sa carrière de journaliste, qui fut le premier
véritable métier de Zola et qui l'occupa pleinement à partir de 1866 et jusqu'en 1881. Tantôt chroniqueur de la vie quotidienne, tantôt chroniqueur
politique, il est aussi critique littéraire et critique d'art : autant d'occasions pour sa plume d'écrivain de s'aiguiser. En 1867 avec Thérèse Raquin", puis à partir de 1868 avec ce qui deviendra "Les Rougon-Macquart", naît enfin l'écrivain.
La gloire du romancier et l'affaire Dreyfus
La "grande affaire" d'Émile Zola fut le cycle des "Rougon-Macquart", comme "La Comédie humaine" fut celle de Balzac. Vingt-cinq ans de sa
vie seront consacrés à la chronique de cette famille, depuis 1868, date
des premiers travaux préparatoires, jusqu'au
"Ðocteur Pascal" en 1893. Avec "L'Assommoir", en 1877, le succès déjà grand du romancier devient immense. A partir de cette date, Émile
Zola devient le chef de file d'une école littéraire : le naturalisme. Il publie plusieurs écrits théoriques :
"Le Roman expérimental" en 1880 et "Les Romanciers naturalistes" en 1881. Marié depuis 1870 à Alexandrine Meley ( à droite)
, Zola connaît les difficultés d'une double vie. De sa maîtresse, Jeanne Rozerot (à gauche), il aura deux enfants. En 1894 éclate l'affaire
Dreyfus ; elle émeut les milieux intellectuels et bientôt la France tout entière. Convaincu de I'innocence du capitaine Dreyfus, un israélite accusé de trahison par l'armée française,
Émile Zola mène campagne pour sa défense. Le 13 janvier 1898, I'Aurore publie son célèbre article : "J' accuse".
Zola meurt le 29 Septembre 1902 à Paris, asphyxié, sans doute de manière accidentelle. Esprit curieux de tout, il a laissé, outre son oeuvre écrite, une
oeuvre importante de photographe.
Les Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire
En vingt romans, Zola évoque les destinées liées de deux familles, les Rougon et les Macquart, depuis le coup d'État de Napoléon III le 2 décembre 1851
(La Fortune des Rougon, 1871) jusqu'au désastre de Sedan et à la Commune en 1870 (La Débâcle, 1892).
A I'origine : une "fêlure", celle que la tante Dide a
léguée à toute sa descendance. Gervaise devenue alcoolique (L'Assommoir, 1877), Jacques Lantier se livrant à une folie meurtrière portent la
marque implacable de l'hérédité. Le second Empire est l'époque de toutes les débauches. Un monde nouveau se construit sur les décombres de l'ancien : pour s'agrandir, "Au bonheur des
dames" "avale" les petits commerces du quartier. La spéculation effrénée, tant immobilière que financière (L'Argent, 1891), porte avec elle sa boue : la
dégénérescence morale, celle de Renée Saccard (La Curée, 1871) comme celle de Nana (Nana, 1880). Les forces de création et les forces de
destruction s'opposent tandis qu'alternent chutes et ascensions sociales, créant le rythme profond du cycle, tel un puissant mouvement symphonique. Les Gras que sont les
charcutiers des Halles auront raison du dérangeant Florent, le révolté, le Maigre enfin ! (Le Ventre de Paris, 1873) ; mais tandis que dans
"Germinal" (1885) la révolte des mineurs disparaît dans les décombres du Voreux (La mine où aura travaillé
Etienne Lantier, s'appelle le Voreux ; il y a de la dévoration, l'idée de la voracité dans le mot), les germes du printemps annoncent une révolution future.
Le naturalisme visionnaire
Le naturalisme est l'introduction dans la littérature de l'esprit d'observation et d'analyse, deux maîtres mots dans la théorie littéraire d' Émile Zola et qui
évoquent une démarche délibérément empruntée à la science. Sur le plan physique et moral, c'est l'introduction du principe de l'hérédité, tandis que de très importants travaux préparatoires
assurent la véracité du contexte historique et social.
Avant de rédiger "Germinal", Zola a mené une enquête minutieuse dans les mines d' Anzin (1884). Mais à partir des bases que sont l' observation et
l'analyse, tout est possible. Il ne faut pas se méprendre sur le sens du naturalisme zolien ; le peintre de "L' oeuvre" (1886) est un peintre visionnaire : il ne se contente pas
de copier la réalité, il l' anime d'un souffle qui lui est propre. "L'avenir appartiendra à celui ou à ceux qui auront saisi l'âme de la société moderne, qui, se dégageant des théories trop
rigoureuses, consentiront à une acceptation plus Iyrique, plus attendrie de la vie", répond Zola à Jules Huret en 1891.
Ainsi se mêlent inextricablement un réalisme cru (notamment la présence, jusque-Ià plus discrète dans la littérature, de la sexualité) et un Iyrisme parfois débridé. C'est le célèbre "saut dans
les étoiles".
Les Soirées de Médan réunissaient chez les Zola plusieurs écrivains qui partageaient les mêmes conceptions artistiques. Parmi eux, l' on trouvait
Huysmans et Guy de Maupassant. Ces soirées contribuèrent à créer un esprit commun et un ouvrage naquit de ces rencontres en 1880.
Notes :
L'homme
"Le "boeuf de labour" est un hyper-nerveux, un écorché vif. Zola, peintre des foules, a peur dans les cohues. Une peur physiologique, souterraine, incontrôlable, incoercible.
(...) Ce pachyderme, ce sanglier, cette espèce de brute qui, dans ses romans, écrit des choses à ce point hideuses qu' elles donnent la nausée à M. France et soulèvent, chez les honnêtes gens,
une véritable indignation, c'est un tendre, un homme qui adore les enfants (...), quelqu'un qui a toujours besoin d'une bête, près de lui, à aimer."
Henri Guillemin Le journaliste
"La presse française lui a peut-être dû plus qu'à tout autre romancier de la même génération. Il I'a servie par la lucidité de ses analyses politiques et esthétiques, par la diversité de ses
curiosités, par la carrure et la vigueur de ses polémiques, et aussi par le retentissement de ses inventions. Ses articles les plus éclatants ont accru l' emprise du journal sur l' opinion, et
l'ont rendu redoutable pour les pouvoirs."
Henri Mitterrand
Le romancier
"Ce n'est plus le "naturaliste" attiré par les côtés sordides de la vie ou le romancier à prétentions scientifiques qu'on voit désormais dans Zola, mais un véritable artiste qui, sous des
impulsions d'origine profonde, crée un univers dont on explore en profondeur la genèse, les structures et les significations."
Colette Becker
Lien du site dédié à Emile ZOLA - "Les Rougon-Macquart :


Sophocle





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