Partager l'article ! XX ème / Bertolt Brecht /: 1898 1956 L'image que I'homme a laissée chez ses contemporain ...
1898 1956
L'image que I'homme a laissée chez ses contemporains est contradictoire : militant courageux pour les uns, Bertolt Brecht a été perçu par d'autres comme un paysan rusé capable de se jouer de tous. Son oeuvre a suscité la ferveur enthousiaste, mais s'est attiré aussi les anathèmes les plus furieux. Pourquoi ce désaccord ? Brecht, par sa vie et son oeuvre, est au coeur même des luttes politiques et esthétiques de notre siècle.
Les combats de l'homme
Né en 1898 à Augsbourg, ce fils de directeur d'une fabrique de papier a vingt ans à la fin de la Première Guerre mondiale. Jeune étudiant en médecine, il découvre, en 1918, la réalité de la
guerre. Le pacifisme de sa "Légende du soldat mort", écrite à cette époque, lui vaudra d'être sur la liste noire de Hitler lors du putsch manqué par celui-ci à Munich en 1923.
Désormais, sa vie sera celle d'un homme engagé, mêlé à toutes les phases importantes de I'histoire de son pays.
A Augsbourg, il soutient d'abord la révolution spartakiste* qui, en 1919, éclate en Bavière. Installé à Munich en 1920 et ayant abandonné ses études de médecine pour se
consacrer au théâtre, à la musique et au journalisme, il se joint à ces nouveaux révoltés que sont les expressionnistes : ses poèmes sentent le soufre anarchiste et nihiliste. A Berlin, à
partir de 1924, où il s'est établi avec sa première femme Marianne Zoff, il s'associe aux efforts de ceux qui, par l' <<agit-prop**>> , essaient d'amener au théâtre
et à la musique les classes sociales les plus défavorisées. Quand la crise économique touche durement l'Allemagne - on compte près de 5 millions de chômeurs en 1931 -, il est au premier rang des
adversaires du national-socialisme. Dès 1932, il figure dans la liste des << écrivains décadents >> publiée par le journal nazi <<Der Völkischer Beobachter >>. Le lendemain de l'incendie du Reichstag, le 28 février 1933, il
doit s'enfuir avec sa seconde femme Hélène Weigel. Il gagne Prague, Vienne, Zurich, puis Paris, avant de s'installer finalement au Danemark, d'où il ne cesse de dénoncer les progrès du fascisme
en Europe. En 1935, il est déchu par Hitler de sa nationalité.
* mouvement d’extrême-gauche marxiste révolutionnaire, actif en Allemagne pendant la Première guerre mondiale et le début de la révolution allemande.
** Le théâtre d'agit-prop est un théâtre populaire, en ce sens qu'il s'adresse aux "prolétaires", mais également politique : un instrument d'agitation et de propagande.
Devant l'avance des troupes hitlériennes, il repart en 1939 : Suède, Finlande, Californie. Là en octobre 1947, il doit se rendre à la convocation que lui a adressée la Commission des activités anti-américaines ; il parvient à déjouer les pièges des enquêteurs. Mais ne pouvant supporter la vague maccarthyste, il quitte peu après l'Amérique pour la Suisse, d'où, en 1949, il va monter "Mère Courage" à Berlin-Est. Il décide alors de s'établir dans cette ville divisée et d'apporter son soutien au nouveau régime d'inspiration communiste. Collaboration qui exclut toute soumission : en 1953, il critique publiquement la répression du soulèvement ouvrier de Berlin-Est, puis certaines options de la politique culturelle de la R.D.A. Cela ne l'empêche pas, en 1954, d'être appelé à siéger au conseil artistique du ministère de la Culture. En 1956, peu avant sa mort, il publie une "Lettre au Bundestag" de Bonn contre le réarmement de l'Allemagne Fédérale. Il meurt subitement le 14 août 1956.


Sophocle





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